Échanges au sein du GT Logement-Santé de Molenbeek

La Cellule d’appui participe depuis quelques mois, avec conviction et de plus en plus d’enthousiasme, au groupe de travail LOGEMENT-SANTÉ de la commune de Molenbeek-Saint-Jean.

Ce groupe, créé en septembre 2015 à l’initiative du Conseil consultatif du logement de la commune, réunit régulièrement un ensemble d’acteurs publics et associatifs, molenbeekois ou non, amenés à travailler sur ces questions. Il est coordonné par une assistante sociale d’une maison médicale et une médiatrice de conflits interpersonnels. Dans un premier temps, ses membres ont choisi de focaliser leur action sur les liens entre logement et santé mentale.

Ce groupe de réflexion, d’échanges et de soutien permet aux intervenants de déposer une situation pour laquelle ils sont en difficulté (comment éviter l’expulsion d’une personne atteinte du syndrome de Diogène, par exemple). Chaque membre, selon une méthodologie précise, offre alors son questionnement, des pistes et des suggestions. Cette démarche inductive permet de faire émerger des constats, développer des processus d’intervention et des nouveaux outils tout en construisant un réseau d’intervenants apprenant à se faire confiance et à s’entraider.

Certaines situations évoquées sont en résonance avec les suivis de la Cellule d’appui. Comment intervenir auprès d’une personne sans-abri qui ne se rend pas aux rendez-vous qu’elle avait acceptés, comment ne pas se décourager et comment tisser petit à petit un lien de confiance ? Parmi les pistes dégagées par le groupe, nous en retiendrons quelques-unes.

  • Dans ces situations apparait la question de la " non demande " ou de la " demande non attendue ". Que faire lorsqu’il n’y a pas de demande, ou qu’elle n’apparaît pas tout de suite ni sous la forme attendue par l’intervenant ? De nombreux intervenants sont en effet formatés pour intervenir dans le cadre d’une demande précise : ils ne sont pas préparés à la non-demande ou à une demande " hors-cadre » et peuvent vivre cela comme une impuissance. Or, l’expression de non-demande ou de telles demandes n’empêchent pas d’aller vers la personne, d’établir un contact avec elle, de parler. L’essentiel est de se connecter, d’explorer les plaintes, les revendications, d’établir la confiance, etc. C’est parfois après la mise en lien et la confiance que des demandes pourront être exprimées ou précisées.

  • Il est important de travailler le lien avec la personne sans-abri tout en sachant que l’intervention de plusieurs équipes est parfois nécessaire, des mois durant, avant de pouvoir avancer. L’écoute est une étape importante.

  • Il est aussi fondamental de ne pas se lancer seul et d’être entouré. De fait, si la demande n’est pas forcément présente au départ, elle peut apparaître plus tard, quand le lien sera créé, et elle peut être complexe et plurielle : une structure est nécessaire derrière la personne de confiance pour pouvoir répondre aux diverses demandes qui seront exprimées. La demande peut aussi concerner un sujet auquel on ne s’attend pas : par exemple, alors que pour l’intervenant la demande de logement ou de vêtements peut apparaître prioritaire, la personne peut demander tout à fait autre chose.

  • La personne de première ligne est en lien avec une personne en souffrance qui peut générer aussi de la souffrance chez elle, d’où l’importance d’être soutenu, de faire des supervisions, de se mettre en contact avec les services pour sans-abri existants, chacun pouvant apporter son expertise. Parmi ces services, citons : Diogènes, Infirmiers de rue, Antenne Précarité 107, sans oublier la Cellule d’appui du SMES-B.

Sandrine Rochez
Assistante Sociale SMES-B