Carte-réseau, carte-objectif, plan de crise : des outils par et pour l’usager

Les nouvelles pratiques de santé mentale favorisent la participation, et même l’implication, du patient dans le processus conduisant à son rétablissement (pour une définition de ce concept, voir notre article consacré au WRAP). Dans ce parcours, fait aussi de ruptures ou de rechutes, l’entourage est un acteur-clef. Mais il n’est pas toujours facile pour les professionnels d’identifier précisément le réseau du patient. Pour y parvenir, un outil peut se révéler très efficace : la carte-réseau.

Partant du postulat que la structure des réseaux de support social des usagers en psychiatrie jouait un rôle important dans la continuité des soins, une équipe de l’Institut de recherche santé et société (IRSS) a mené une étude sur le sujet (intitulée Morpheus, pour Mobilisation du Réseau par les Usagers), en s’appuyant sur un sociogramme, un outil permettant de représenter les lieux sociaux d’une personne.

Concrètement il s’agit de demander à l’usager d’établir une liste des personnes qui constituent une ressource pour lui, dans différents domaines (soins, mais aussi finances et administration, activités et relations, etc.), en précisant le rôle de chacune d’entre elles (psychiatre, administrateur de biens, parent, voisin, etc.). Celles-ci sont placées sur une carte au centre de laquelle se trouve l’usager, ce qui permet de préciser le degré de proximité de celui-ci avec chaque personne répertoriée.

Le Réseau Santé Namur, qui a développé sa propre version de la carte-réseau, s’est inspiré de celle-ci pour élaborer une carte-objectif. Comme son nom l’indique, cet outil a pour but d’identifier les ressources mobilisables par l’usager en vue d’atteindre un objectif qu’il s’est fixé dans son parcours de rétablissement.

Dans le même ordre d’idées, le Réseau a également conçu un outil intitulé "Plan de crise". Celui-ci vise à soutenir l’usager dans les moments de crise, en identifiant les signaux avant-coureurs, ainsi que les ressources à activer lorsque la crise se présente, qu’il s’agisse de personnes de contact ou d’activités. Le Réseau Santé Namur développe actuellement une version de ce Plan de crise en application pour smartphone, qui permettra par exemple à l’usager d’appeler les différentes personnes-ressources en cas de crise en fonction de leurs disponibilités annoncées (par exemple, si l’usager est en crise un mercredi après-midi, l’application n’appellera pas le voisin qui s’occupe de ses enfants à ce moment-là, mais plutôt la tante à la retraite).

Point commun entre ces différents outils ? Ils partent de la vision de l’usager, tout en permettant aux professionnels de mieux comprendre ses besoins… et donc d’offrir l’accompagnement le plus adapté, pour le bénéfice de tous.

Mathieu De Backer
Directeur Général SMES-B