Support. Don’t Punish : faisons bouger les choses !

Le 23 juin dernier a eu lieu le rassemblement « Support. Don’t Punish – Une autre politique est possible » dans le parc Royal de Bruxelles. Cet événement est organisé, depuis trois ans, par Modus Vivendi en collaboration avec plusieurs partenaires comme la Fedito et STOP 1921. Ils défendent les enjeux de Réduction des Risques liés à l’usage de drogues.

La campagne « Support. Don’t Punish » est un mouvement international relayé dans plus de 80 pays. Elle a été mise sur pied par le Consortium International sur les Politiques de Drogues (IDPC). L’objectif de cette campagne est de plaider pour une meilleure politique de drogues basée sur des vérités scientifiques plutôt que sur des considérations morales. Sa priorité est de mettre en avant la santé ainsi que les droits humains.

Aujourd’hui, la Belgique a besoin d’innover en matière d’usage de drogues. L’objectif est donc de demander une révision de la loi dans le respect des Droits de l’Homme. Malheureusement, il semble actuellement impossible d’œuvrer dans ce sens et de déployer des stratégies de santé pourtant voulues par un grand nombre de professionnels de la santé, de certains élus locaux et de l’OMS. Le gouvernement belge semble dans l’ignorance et fait marche arrière en prônant la tolérance zéro (exemple : les Ardentes).

L’objectif de cette journée était donc de proposer différentes recommandations aux pouvoirs politiques afin d’investir davantage dans la santé publique pour mieux appréhender la consommation de drogues. L’événement, bercé par des concerts, se composait de stands d’information et de discussion. Spécialement pour l’évènement, Modus Vivendi a aussi créé sa propre Salle de Consommation à Moindre Risque (SCMR). Elle était chapeautée par divers professionnels de la santé et du social. L’endroit était doté d’un accueil dans le but d’informer sur le règlement des lieux. Le chemin se poursuivait dans une infirmerie où du matériel stérile était mis à disposition. La dernière pièce, quant à elle, constituait le poste de consommation avec une partie réservée aux injections et une autre à la « fumette ».

SCMR, où en sommes-nous ?

La première SCMR a été créée en Suisse en 1986. On en compte actuellement plus de 90 réparties dans plusieurs pays mais on n’en retrouve aucune sur le territoire belge. En Belgique, le débat est ouvert depuis plusieurs années mais à ce jour, aucune tentative n’a abouti à une ouverture de SCMR (même si une ouverture est promise à Liège en septembre prochain). Plusieurs études démontrent les effets positifs de ces dispositifs mais la question reste néanmoins sensible. On remarque que ce sujet est souvent mal connu, compris par une majorité de la population belge.