Alter Échos n°464 : « Elles racontent leur vie après la rue » par P. Jassogne

En juin dernier, le magazine Alter Échos a consacré un article à la problématique du sans-abrisme féminin en Belgique. Il retrace le parcours compliqué de deux femmes autrefois à la rue et pointe la place des femmes dans le secteur de lutte contre le sans-abrisme.

Nous le savons, il existe de nombreuses associations qui aident les personnes issues de la grande précarité. L’article évoque notamment Job Dignity à Bruxelles et l’ASBL « Les Fleurs du bien » à Charleroi. La première donne des formations aux femmes sans-abri pour les aider à retrouver un emploi. Grâce à son réseau de partenaires, l’ASBL propose aussi des logements. La seconde met tout en place pour rompre avec l’isolement social.

Dans l’article, l’auteur nous informe que le nombre de femmes dans la rue est constant mais que le sujet est de plus en plus évoqué. Il est essentiel de savoir que la prise en charge de ces femmes est une priorité pour le secteur parce qu’elles sont plus fragiles et plus facilement exposées. Il reste néanmoins des points sensibles en ce qui concerne l’hygiène, la contraception et les violences sexuelles.

Manu Condé, à l’origine du projet « Les Fleurs du bien » relève tout de même un point important : « On est dans une zone grise dans l’accueil et le suivi des femmes SDF. Si on regarde les chiffres, certains vous diront qu’il n’y a pas d’évolution. On reste dans la même proportion hommes-femmes, ces derniers représentant grosso modo un cinquième de la population des SDF. Comme ce nombre stagne, il donne le sentiment aux politiques que les dispositifs présents fonctionnent. Mais on parle uniquement des femmes qui osent aller vers les services. Sur le terrain, celles en grosse difficulté ne viennent pas vers nous ».

Selon Marjorie Lelubre, docteure en sociologie, les femmes cherchent, en premier lieu, une solution dans leur réseau informel. Elles vont tout faire pour s’éloigner du réseau institutionnel surtout lorsqu’elles ont des enfants car elles redoutent un placement. En deuxième lieu, elles vont se diriger vers des structures d’hébergement de longue durée comme les maisons d’accueil. Les hommes, eux, se dirigent plus facilement vers une institution au lieu du cercle familial ou amical parce qu’ils éprouvent un sentiment de honte.

Le nombre de personnes sans domicile n’arrêtant pas de croître, il y a aujourd’hui à Bruxelles plus de femmes dormant dans les rues qu’il y a 10 ans. Néanmoins, le secteur du sans-abrisme met les bouchées doubles pour venir en aide à ces femmes.

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