Le baromètre social 2019 est sorti !

06/03/2020

Bruxelles est souvent présentée comme une ville riche, mais elle est également le foyer d’inégalités socio-économiques de taille. Le baromètre social montre en effet que les écarts en termes de richesse, d’accès à l’éducation et à la santé etc. sont particulièrement saillants dans notre capitale. On fait le point avec vous sur quelques chiffres clés de la situation !

Le baromètre corrobore les statistiques générales déjà évoquées au début de cette année : un tiers des Bruxellois vivent avec un revenu inférieur au seuil de risque de pauvreté. Une situation qui touche toutes les tranches d’âge, comme en témoignent les chiffres ci-dessous.

Plus d’un cinquième de la population de la capitale (21%) en âge dit « actif » (18-64 ans) vit grâce à une allocation d’aide sociale ou un revenu de remplacement. Conséquence logique des politiques « d’activation » et des exclusions massives du chômage qui s’y rattachent, le nombre de personnes bénéficiaires du revenu d’intégration sociale (RIS) a augmenté de façon significative ces dix dernières années (+ 68%). Ou comment lever le voile sur les chiffres réels derrière l’argument fallacieux de la « diminution du chômage ».

Une précarisation accrue, donc, qui trouve également ses sources dans l’augmentation des prix du parc immobilier locatif. Beaucoup de familles et a fortiori de personnes isolées doivent en effet consacrer une grande partie de leur budget mensuel au paiement de leur loyer (de la moitié au ¾ des revenus). De surcroit, nombre de foyers se voient contraints de vivre au sein d’habitations insalubres (22% des Bruxellois sont concernés par des soucis d’humidité, d’exiguïté, de chauffage…) qui créent ou accentuent des problématiques sanitaires. Rappelons, en outre, que le rapport atteste du manque d’habitations à loyer modéré pour les plus précaires dans la capitale : pas moins de 45 000 ménages se trouvent sur une liste d’attente pour accéder à un logement social.

Des inégalités socio-économiques qui se répercutent inéluctablement sur la santé : « 42 % des Bruxellois (15 ans et plus) ayant au maximum leur diplôme de l’école primaire ne s’estiment pas en bonne santé, contre 15 % parmi les diplômés du supérieur ». Cette tendance se vérifie dans l’accès aux soins puisque la moitié des personnes présentant des difficultés financières ont dû reporter des soins, voire les annuler ni plus ni moins.

Mais l’amplification de la précarité touche aussi les plus âgés : 12% des seniors touchent la Grapa. Une paupérisation qui se double de problèmes d’accès à l’aide, inhérents à la fracture numérique : « le développement rapide de la digitalisation tend à augmenter le risque d’exclusion sociale et de non-accès aux droits pour les non-utilisateurs ».

Enfin, précisons que ces chiffres sont d’autant plus préoccupants qu’ils se répartissent de manière extrêmement disparate selon les communes. Ainsi, tandis que certaines zones de Bruxelles affichent un revenu médian de 25 000 euros (c’est par exemple le cas de Woluwe Saint-Pierre), d’autres, à quelques kilomètres seulement, se situent autour des 15 000 euros (Saint-Josse-ten-Noode). Et il en va de même pour la santé : l’espérance de vie peut varier jusqu’à 2,8 ans selon les communes… Des écarts qui traduisent la haute segmentation sociale qui structure le territoire de la capitale, lui décernant du même coup le titre peu honorable de ville la plus inégalitaire de Belgique.

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